JE JUGE, TU JUGES, IL JUGE, NOUS JUGEONS....

(et Bach met tout le monde d'accord!)

 

 

Un juge impartial ne se prononce qu’après avoir examiné avec la même attention les éléments favorables ou défavorables à chacune des parties. Dans le cas contraire, sa décision est perçue comme arbitraire.

Aujourd’hui, et notamment sur les réseaux sociaux qui donnent à qui veut parole et audience, on a tendance à juger tout et tout le monde, très vite, en réaction épidermique à une information à peine dévoilée. L’emballement médiatique remplace la réflexion. Moins on en sait, plus on s’autorise à claironner son avis et à en découdre avec ceux qui ne sont pas d’accord avec nous. On juge sur l’apparence, sur une phrase sortie de son contexte, sur une rumeur. On juge parce que Untel en qui on a confiance a dit qu’il fallait penser comme ça, on juge trop souvent avec des préjugés qui nous tiennent lieu de prêt-à-penser.

Le jugement péremptoire, en se substituant à l’écoute et à la réflexion, nous prive de l’occasion de rencontrer l’autre, d’aller au delà de l’apparence pour découvrir sa richesse. Il nous condamne à la division et nous enferme dans la solitude. Avons- nous vraiment envie de cela?

S’il est vrai que la fréquentation des transports en commun nous offre trop souvent l’image d’une addition de solitudes - voyageurs isolés par leurs écrans, leurs

écouteurs... - les occasions ne manquent pas, par ailleurs, de nous rappeler combien les hommes aspirent profondément à se rassembler et à partager.
Ce besoin vital s’exprime de mille manières que l’on pourrait détailler à l’infini ( y compris , hélas! en parlant des rassemblements mortifères, vaste sujet à eux- seuls) mais j’ai envie aujourd’hui de relater une expérience récente :
Le Centre de Musique de chambre de Paris, inventé par le violoncelliste Jérôme Pernoo, doit son grand succès à sa manière de répondre à ce besoin. Parmi les différentes propositions musicales, il en est une particulièrement originale et enthousiasmante : plusieurs fois dans l’année, le dimanche, un concert «Bach and Breakfast» accueille les mélomanes matinaux. Le public se rassemble au bar de la salle Cortot où café et brioches lui sont proposés. Une fois rassasié, il est invité à ... répéter dans la salle de concert le choral final d’une cantate de Bach!! La répétition d’une vingtaine de minutes, menée par un chef de choeur ou, comme cette fois-ci, par Jérôme Pernoo lui-même, est accompagnée d’explications accessibles à tous. Il y a là des enfants et des adultes de tous âges, des gens qui n’ont jamais chanté de leur vie et des mélomanes avertis venus avec la partition. Tout le monde est accueilli, mis en confiance, invité à chanter sans crainte d’être jugé, comme au temps de Bach où la seule chose importante était d’unir sa voix à celle des autres fidèles. L’accent est mis sur l’importance d’écouter les autres pour que l’ensemble respire et sonne. A l’issue de la répétition, musiciens et chanteurs professionnels entrent en scène pour donner la cantate en entier. Lorsqu’arrive le fameux choral final, le chef fait lever le public dont les voix, belles ou imparfaites, assurées ou fragiles, s’unissent à celles des chanteurs et musiciens. Toutes sont bienvenues, acceptées comme elles sont et l’effet est splendide! De toutes ces voix et vies si différentes naît une unité troublante. L’onde de bonheur qui parcourt alors la scène et la salle est saisissante! La cantate terminée, les personnes présentent se parlent, se sourient, heureuses d’avoir réalisé ensemble quelque chose de beau. Heureuses aussi, même si toutes n’en ont pas conscience en ces termes, de s’inscrire avec cette musique écrite il y a plus de deux siècles dans une longue histoire commune, d’y occuper une place naturelle. N’est-ce pas ce besoin rassurant d’ancrage que nous recherchons aussi, toujours plus nombreux, dans les musées?

Dans cette époque troublée et inquiétante qui est la nôtre, ce «Bach and Breakfast», réjouissante illustration de ce que nous sommes capables de réaliser ensemble, me donne l’espoir que le vacarme des jugements hâtifs finira par laisser place à l’écoute bienveillante de nos différences, source de tant de richesses pour peu que l’on veuille bien renoncer à monologuer en hurlant chacun dans son coin!

Arièle Butaux

Mars 2018

+33 (0) 6 45 74 76 66

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

Follow me

  • Facebook Social Icône
  • Icône social Instagram

Photo AB : Laure Jacquemin Coeurs "1+1" : Agathe YOU

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative

médiation de couple

divorce médiation humaniste divorce à l'amiable sortir du conflit médiation familial thérapie paix cabinet arièle butaux avocat médiation pénale procédure participative